On en parlait récemment avec des copines mamans : l’accouchement, c’est bien joli, mais y a pas mal de trucs qu’on aurait aimé savoir AVANT plutôt que l’apprendre (passez moi l’expression tombant fort à propos) sur le tas.

Non mais parce que, quand ça t’arrive, après, tu crois que c’est TOI qui n’es pas normale. Alors que nenni, tu es configurée comme tous les autres mammifères dotés d’un utérus. C’est juste qu’on t’a fait croire que la maternité, c’était LE nec plus ultra de la vie d’une femme. Alors qu’une vache, finalement, se pose moins de questions, tu me diras.

Je croyais naïvement que quand ça sortait, c’était fini.

Moi, dans ma tête de blonde intérieure, je pensais que, quand tu avais accouché, forcément, le ventre était replat après. De suite quoi. Bah oui, une fois que tu vides la flotte, le placenta, le mioche, tu te dis que c’est bon là, on peut arrêter le mode baleine.

Quelle ne fut pas ma surprise déçue quand, l’enfant né, j’avais quasi toujours un aussi gros bide, mais en mou.

A ce moment-là, les gens pensent que tu t’en tamponnes. Tu as donné la vie. Oui, bon, certes, mais je me posais quand même la question sans oser la poser ouvertement parce que j’avais donné la vie, ça se fait trop pas de demander si c’est normal, ce flasque juste là qui pendouille encore.

Ben oui, moi partout, je voyais ça:

Je trouve ça plutôt honteux de laisser croire ça alors qu’en réalité, il faut s’attendre à ça :

Ben oui, c’est ça la vraie vie.

Après, ça se remet, je vous rassure. Mais le savoir, c’est prévoir. Prévoir que oui, tu peux encore remettre ton pantalon de grossesse pendant quelques jours. Parce que ça ne sert à rien de vendre du rêve.

Oui, certaines nanas accouchent et ressortent dans leur petit 36 mais elles sont rares et ce n’est pas grave de ne pas Y ARRIVER DE SUITE.

La pression de la mère parfaite va jusque là : tu dois, après avoir bouleversé ton anatomie pendant 9 mois, redevenir la toi d’avant dans la semaine.

Bullshit.

Pour certaines, après plusieurs enfants, bah, ça ne rentre jamais tout à fait dans l’ancienne taille et C’EST PAS GRAVE parce que en effet, TU AS DONNE LA VIE.

Je vous épargne quand même les détails

Je vous épargne les trucs peu ragoûtants qui vont avec.

Oh et puis non, je ne vous épargne pas : j’aurais aimé qu’on me prévienne.

On ne m’avait jamais parlé d’épisiotomie par exemple. L’épisiotomie, c’est quand, pour faciliter le passage de l’enfant, on fait une petite incision. Bah des fois, quand on ne la fait pas, ça se déchire. Ouip. Scratch. Comme la fermeture éclair de ton jeans qui rend l’âme. Et après, c’est pire que l’épisio.

Donc en gros, il faut aussi prévoir quelques semaines à s’asseoir prudemment, parce que bon, personne n’adore s’asseoir sur une cicatrice.

Ca aussi, ça se remet. Mais c’est toujours mieux de le savoir avant.

On pourrait aussi évoquer les hémorroïdes, les fuites urinaires etc etc… (J’ai été épargnée d’une partie des emmerdes quand même, pour ma part, mais je sais que c’est courant)

Le mythe de la mère immédiate

Tiens, ça aussi, c’est un truc chiant.

On te fait croire que, ton enfant né, tout est oublié et tu ne vois que lui. C’est fort joli tout ça mais de mon côté, après 19 heures de travail, la merveilleuse Mère Nature m’a juste permis de gerber mes tripes et d’être à moitié sonnée par les antidouleurs au point que je ne comprenais pas très bien qui était ce petit être qui était près de moi.

Alors tu passes deux heures à le regarder et à te dire que tu vas être la pire mère du monde parce que tu ne vas pas gérer le truc. Alors que trois jours plus tard, ça devient automatique, tu l’aimes plus que ta vie et tu n’as plus peur d’un lange. Mais on te laisse dans ta trouille sans t’avertir.

On fout aussi dans l’inconscient collectif féminin que tu vas savoir tout gérer direct parce que C’EST LA NATURE.

Faux.

Tu vas paniquer devant l’allaitement, te mettre une pression de malade, y arriver ou pas, culpabiliser, pleurer, être épuisée avec la chute d’hormones et à moitié dépressive en passant parfois par de sales phases de mais pourquoi j’ai fait ça?

“Pour moi tout a été si simple et naturel”

Phrase ô combien psalmodiée devant les mamans en rade.

Si pour toi qui me lis, tout ne fut qu’une évidence, je te tire mon chapeau. Je te demande simplement de concevoir que pour d’autres, c’est tout sauf simple. C’est plein de questionnements, de peurs, de doutes. Alors foutons bien la paix aux jeunes mamans aux cernes jusqu’au menton : chacun son expérience…

Et puis après on apprend

Parce qu’être une maman, c’est un apprentissage. Tu apprends avec l’enfant qui est un être à part entière. Qui fait ses nuits ou pas. Qui pleure beaucoup ou pas.

La Terre Entière sait mieux que toi le milliard de conseils à te donner et toi, tu tâtonnes comme tous les conseilleurs ont tâtonné avant toi.

Tu t’en sors de mieux en mieux et l’enfant grandit.

Puis tu oublies.

Tu oublies et tu l’aimes avec tes tripes. Parce que t’en as laissé quelques-unes au passage…

J’aurais bien aimé qu’on me dise tout ça. Alors je vous le dis…

C’est plus simple non?