J’ai pas envie de vous mettre un de mes avant-après. Parce que faut être lucide, j’ai beau chanter qu’il faut s’aimer comme on est, s’aimer quand on a changé énormément, c’est pas simple non plus.

Mais croyez-moi sur parole, j’ai changé.

J’ai 41 ans. Pendant plus de 20 ans, j’ai fait attention, j’ai fait régime, puis plus, puis re, puis plus.

Ca ne me rendait pas très heureuse et que je sois plus mince ou plus grosse de quelques kilos, je ne voyais aucune différence. Je vous en ai déjà parlé dans cet article.

Alors après de longues réflexions et prises de conscience diverses, j’ai fini par me dire que je renonçais à cette image de minceur que m’imposait la société. J’ai jeté ma balance et j’ai arrêté de surveiller.

Sauf que, si dans un premier temps, c’était libérateur, me voici avec je ne sais combien de kilos de plus puisque je n’ai pas de balance mais en tout cas, un surpoids évident. Mon visage a changé, je ne rentre plus dans les trois quarts de ma garde-robe, je suis épuisée, je ne sais pas monter facilement un étage, je me sens entravée par un ventre que je n’ai jamais eu, des cuisses qui se touchent trop pour pouvoir me déplacer aisément sans collants. Bref, il faut le reconnaître, cette façon de vivre me nuit.

Donc non, manger tout ce qui me passe par la tête ne me rend pas heureuse.

A force de vouloir me détacher des diktats, j’ai carrément fini par me nuire dans l’autre sens.

Je sais que ce que je vous dis ne vous est pas étranger, en tout cas pour nombre d’entre vous. C’est vraiment un juste milieu difficile à trouver dans notre société d’image.

Mais je pense que je représente bien notre époque, comme beaucoup d’entre vous. Nous balançons entre notre besoin de profiter de la vie et celui de correspondre au monde qu’on nous montre. Mais profiter de la vie, je ne crois pas que c’est se réchauffer le moral avec une tablette entière de chocolat suivie de chips et de crêpes. Ce n’est que le reflet d’un autre problème : l’alimentation privation face à l’alimentation compensation.

C’est pour ça que je retourne ce mardi chez Weight Watchers. Ce n’est pas de la pub que je vous fais. Simplement le reflet de mes pensées. Les réunions Weight Watchers ont toujours été le seul moyen qui m’ait aidée à trouver le juste milieu. Parce que rien n’est interdit. C’est un apprentissage. Il faut cuisiner, manger plus de légumes, plus de poissons et moins de gras compensatoire. Parce que non, un burger dégoulinant ne m’apporte plus de réconfort : juste des difficultés en plus au final. Et surtout, j’ai besoin de rebouger et c’est une donnée importante dans cette méthode.

Voilà. Mon body, il est pas super healthy actuellement…

J’ai une trouille bleue d’y aller parce qu’il va falloir passer par l’étape de la pesée et que je sais que le chiffre va être un choc. Mais c’est comme ça que ça marche et je vais tout faire pour supporter ça sans me dire que ce nombre me résume. Au final, il a peu d’importance parce que si je me sentais bien avec ce poids, ce ne serait pas grave.

Est-ce que je me contredis par rapport à mes autres propos?

Je ne pense honnêtement pas. A partir du moment où le poids devient un problème physique, à partir du moment où je ne me sens carrément plus en forme, il est en effet temps de faire quelque chose. Parce que être libre, ce n’est pas se faire du mal.

Pourquoi je vous dis tout ça?

Parce que je ne veux pas vous mentir sur mes pensées ou mes agissements. Parce que je partage tout ce parcours avec vous au quotidien et dans tous les sens.

Je ne sais pas si j’arriverai à me sentir à nouveau bien physiquement dans mon corps, mais je vais essayer. Pas pour devenir mince. Pas pour me trouver jolie en photo parce que je ne me trouve pas moche telle que je suis. Juste pour me sentir saine et dynamique. Pour ne pas me sentir serrée dans tout. Pour ne pas trouver insurmontable une promenade en vélo.

Alors je partagerai ça encore en plus avec vous, parce que vous faites partie de mon quotidien et que, pour certaines fidèles, je fais partie du vôtre.

Je vais reprendre un petit vélo elliptique d’appartement, retrouver mes poids pour redevenir tonique et me remettre à manger des légumes et du poisson. Je ne pense pas qu’arrêter le Macdo est la pire des décisions que je puisse prendre après tout.