Depuis que je suis gosse, j’aime bien Indochine. Je ne comprends rien de ce qu’ils racontent en général mais ils le racontent sur une musique sympa et puis faut bien se dire que tu ne restes pas 40 ans (oui, L’Aventurier c’est 1981, pleurez) sur le devant de la scène si tu fais vraiment de la merde.

Alors, un dimanche matin, telle une guedin, je me suis dit « vas-y analyse Indochine ».

Déception

Grosse déception au départ : quand on se penche sur les paroles qu’on ne comprenait pas, on s’aperçoit avec horreur… qu’elles ont du sens. C’est de la poésie en gros. Pas de la bonne bonne poésie de premier abord mais c’est pas mal.

Prenons Canary Bay (ouh ouh), bah c’est juste la description d’une sorte d’île mythologique avec des amazones qui se font des trucs. Je dis « qui se font des trucs » parce qu’il ne dit pas mieux hein : « Eh! Eh! Une pyramide sur des remparts les protégeait
Eh! Eh! Et puis derrière, elles se faisaient des choses bizarres ». 

Il se casse pas trop parfois quoi…

Un autre exemple, June, assez poétique, parle de l’anorexie. 
Je crois que je respire
Et mes doigts que j’inspire
J’avale et je recrache
Je me remplis et me vide
De mon âge
Je me fais que du bien
Et je me fais que du sale c’est normal

Après j’ai lu Les Tzars

Et là, j’ai réalisé que c’était moi la nouille. La chanson est bourrée de métaphores et d’allusions politiques que… je ne comprends pas. Impossible de trouver une explication sur le net cependant donc je ne dois pas être la seule à ne pas comprendre. Les Inrocks ont bien tenté un premier jet, évoquant Marguerite Duras et des journalistes de l’époque puisque Nicola Sirkis a révélé quelques infos.

Mais au final, je m’aperçois qu’Indochine, c’est peut-être bien un peu le Lynch de la musique : on comprend pas mais c’est parce qu’il va mille fois plus loin que nous.

Bref, c’est l’heure de l’arroseur arrosé. Pardon Nicola. Non seulement tu m’as fait danser, mais en plus t’es vachement plus cultivé que moi.