Voilà aujourd’hui 12 belles années que j’ai la merveilleuse chance d’être maman, d’une petite Lola-Marie, que tout le monde appelle Lola…

Hier, nous sommes allées chez Lush. Sur le trajet, je me suis arrêtée pour aller chercher deux-trois trucs dans une station service et Lola m’a attendue dans la voiture. Je lui ai apporté la boisson qu’elle me demandait et, me voyant arriver, elle m’a aidée à poser tous mes achats, mon sac et mes babioles et je lui ai dit merci. Elle m’a répondu : « Ben non, merci à toi, tu m’as apporté ma boisson ».

C’est con comme une petite phrase suffit à résumer un être…

Je n’étais pas forcément faite pour être une maman.

Mais je me rappelle de ce tout petit bout de chou qui chantonnait dans un français approximatif à 18 mois qu’elle n’était pas un fantôme après « Lolaaaa je suis qu’un fantôme quand tu vas où je suis pas » et je me dis que j’ai eu une sacrée veine de la trouver sur mon chemin.

Je me rappelle ses premiers livres en mousse. La première fois qu’elle a tenu une fourchette. Les premiers pas dans notre premier salon. La première rentrée sereine à l’école. Les câlins à Rourou.

Et je t’aime ma petite poule de rien du tout.

Je sais que tu me lis et tu vois, je balance!

Je t’aime pour tes rires aux éclats devant une chèvre qui crie. Pour tes pas de danse envahissants. Pour tes chants en anglais yaourt. Pour ton acharnement devant le néerlandais même si on sait toutes les deux que tu détestes ça. Je t’aime parce que tu ne sais pas faire de vélo et qu’après tout, on s’en balance, tu ne feras jamais le tour de France. Je t’aime parce que tu ne te sers jamais un verre sans en proposer à la pièce entière. Je t’aime parce que tu gardes depuis un an un lapin en savon parce que tu ne veux pas le tuer. Je t’aime parce que tu gardes tes souvenirs partout dans la maison. Je t’aime parce que tu ne sais pas regarder un film sans parler. Je t’aime parce que tu adores faire des cupcakes sans en manger un seul. Je t’aime parce que tu portes un sac trois fois trop grand pour toi pour aller à l’école. Je t’aime parce que tu affrontes les secondaires comme un petit soldat organisé parce que tu aimes apprendre. Je t’aime parce que tu penses à revenir chercher ton chien pour qu’il ne reste pas seul quand tu vas chez tes grands-parents. Je t’aime pour nos conversations secrètes que beaucoup jugeraient prématurées et dans lesquelles tu participes avec sérieux sans pouffer bêtement. Je t’aime parce que tu penses aux autres, souvent un peu trop.

Je t’aime pour tes questions même quand je n’y réponds pas tellement tu en as. Je t’aime parce que tu corriges tes fautes de frappe dans tes sms. Je t’aime quand tu désespères de ne pas savoir courir et qu’après tu t’en fous. Je t’aime pour tes chagrins désespérés qui ne durent que dix minutes. Je t’aime pour ton fouillis. Je t’aime parce que tu penses à prendre ta clé parce que tu sais que je vais oublier la mienne. Je t’aime pour ces moments où on écoute de vieilles chansons ensemble sans que tu me trouves ringarde à mourir. Je t’aime pour tes blagues, tes jeux de mots, tes Musically délirants. Je t’aime pour tes pensées si claires et évidentes. Je t’aime parce que tu te poses un milliard de questions sur la Syrie. Je t’aime parce que tu as peur que j’aille à Bruxelles. Je t’aime parce que tu me parles toute la soirée par messages parce que tu es chez tes grands-parents. Je t’aime parce que tu as eu si peur de la mer et que tu y es aujourd’hui comme un poisson. Je t’aime pour tous tes courages. Je t’aime parce que tu peux manger 20 petits saucissons sur le marché avant même qu’on ne soit arrivées à la maison… Je t’aime parce que tu es ouverte à toutes les découvertes, à toutes les tentatives et à tous les avenirs. Je t’aime parce que tu te moques de moi quand je ne sais pas compter aussi vite que toi. Je t’aime quand on regarde des séries trois fois même quand il y a dix saisons. Je t’aime parce que tu restes sereine devant tous nos changements et que, même quand tu n’es pas sereine, tu restes confiante. Je t’aime parce que tu oses plein de choses. Je t’aime parce que tu te prends la tête deux heures pour préparer ta tenue du lendemain et que tu la changes pile au moment de partir parce que tu n’as pas les bonnes chaussettes. Je t’aime pour tous les romans que tu as commencés. Je t’aime pour les amis que tu n’oublies pas. Je t’aime même quand tu parles pendant des heures, parfaitement consciente que je n’écoute pas tout et que j’ai envie de te passer par la fenêtre. Je t’aime quand tu t’endors sur un roman plus gros que toi.

Je n’avais pas de don particulier pour être mère. Mais la chance m’a donné une petite fille plus douée que moi pour les rapports humains. Tu m’as rendu la tâche si facile!

Du haut de ton tout petit format, tu m’as appris mille choses.

Quand tu te demandes si, en cas de guerre, tu aurais le courage d’être du côté des bons, je peux te dire que s’il y a bien UNE personne en laquelle je crois pour ça, c’est bien toi.

Maintenant que tu as 12 ans, que tu sais que le monde n’est pas tout rose et qu’on a bien de la chance d’avoir la vie que nous avons, je te promets que j’aurai toujours, absolument toujours foi en toi.

Le monde est un peu moche mais tu y es et tu le rends, à mes yeux, vachement plus lumineux.

Nous traverserons des crises, nous nous disputerons mais jamais, jamais, jamais tu ne dois douter de mon amour infini pour toi.

Si tu as un jour un doute, reviens sur cette petite trace perdue sur le web…

Les enfants sont les dieux des mondes de leurs parents. Les regarder grandir sous nos yeux est une chance inouïe. Tu m’as insufflé le courage de faire tout ce que je fais, d’être tout ce que je suis. C’est finalement toi qui m’as fait le plus grandir finalement, et ce n’était pas une mince affaire.

Joyeux anniversaire ma petite grande fille…

Crois en toi pour toujours!