Je fais suite à un mail envoyé par l’une d’entre vous. Elle me demandait clairement comment réparer son petit coeur brisé par un chagrin d’amour inconsolable. Et si je n’ai pas la réponse à 100%, je peux au moins écrire, puisque c’est ce que je sais faire de mieux. Et réfléchir en écrivant à ce que je te dirais à toi, là, si tu étais dans mon salon…

D’abord, j’ai déjà écrit une première fois sur ce thème et, après avoir relu l’article, je dois bien vous dire que je suis toujours totalement d’accord avec moi! Donc la première chose que je te conseille, c’est de le relire. (puis de revenir après hein : la suite est aussi importante!)

Et puis…

Et puis avec le temps, comme il semble qu’il s’agisse d’un domaine où cent fois je dois remettre mon ouvrage sur le métier, je constate que ma réflexion est allée plus loin.

Plus j’avance dans la vie et plus je constate que tout ce que nous ne “réussissons pas”, tout ce que nous devons affronter, tout ce qui est difficile est là pour une raison bien définie.

Alors est-ce qu’on parle ici de destin? Honnêtement je n’en sais rien. Je pense seulement que tout ce qui nous arrive doit être résolu de façon définitive pour que nous puissions accéder à un degré supérieur de notre évolution et à un bonheur plus grand.

Nous sommes confrontés à des difficultés dans des domaines où nous ne sommes pas “aboutis”. “Achevés”, si vous voulez.

Pour ma part, ayant débuté la vie dans des difficultés relationnelles paternelles (un père parti ayant entraîné un sentiment abandonnique – syndrome de l’abandon, en gros), je suis plus ou moins condamnée à répéter des difficultés de ce côté jusqu’à ce que j’aie surmonté cette difficulté de façon profonde et ferme.

Il n’est donc plus question maintenant pour moi de remettre la faute sur l’Autre en tant que tel. Je l’ai choisi de façon inconsciente pour affronter de nouveau ce problème, encore et encore.

Et si l’on réfléchit de la sorte, cela signifie que lui aussi m’a choisie pour affronter quelque chose d’intérieur à son expérience.

Arrêter de tourner et apprendre…

Cette façon de voir les choses met un terme à la colère. Je n’ai plus à en vouloir à l’Autre puisqu’il est une sorte d’épreuve pour me faire grandir. Il est normal qu’il soit ce qu’il est, eu égard à ce que je suis.

Admettons malgré tout que tu sois tombée sur le dernier des connards, ce qui arrive, ce n’est pas le hasard qui t’a guidée vers lui. Prenons un exemple personnel : un jour, j’ai rencontré un type qui a mis six mois à me séduire, qui m’a ensuite fait vivre 3 mois d’amour fou avant de disparaître du jour au lendemain avec un énorme mensonge ridicule pour que j’apprenne un mois plus tard par les réseaux sociaux qu’il avait fait le même numéro exactement à la suivante (et à la précédente).

J’ai choisi à l’époque d’en rester à “Tous des connards”. Quelle erreur.

A l’époque j’aurais dû me rendre compte que je l’avais choisi, cet homme. J’allais vers lui pour me conforter dans ma conviction que les hommes, “c’est tous des connards”. Alors forcément j’ai choisi un digne représentant.

Il est temps de fouiller et de comprendre pourquoi une relation foire. Si c’est un connard, pourquoi s’être dirigé vers lui? Pourquoi ne rien avoir senti quand d’autres l’ont vu à 100m? Si c’est un type bien, pourquoi la relation a-t-elle échoué?

Loin de dire que c’est TA FAUTE. Il n’est pas question de faute ici : il est question d’apprentissage.

Quel SENS doit avoir cette rupture? 

Ca c’est une question cruciale. Qui plus est, te la poser te ramène à te centrer sur toi et crois-moi, ça ne te fera pas de mal de te concentrer sur toi plutôt que sur lui.

Ce que l’on réussit à un sens. Ce que l’on manque aussi.

Etait-ce ce que l’on désirait vraiment? Etait-ce la bonne personne? Etions-nous la bonne personne?

Parce qu’il est important de comprendre aussi que ce n’est pas grave de ne pas être THE ONE AND ONLY pour cette personne que l’on aime : si cette personne ne nous aime pas en retour, personne n’a rien à y gagner donc la rupture est inéluctable et est probablement un pas de plus vers la personne qui nous aimera autant que nous l’aimerons.

Le mythe du couple, assieds-toi dessus…

Ah et puis je sais, je sais : en cas de rupture, on se mange aussi le retour dans le monde affreux des célibataires. Parce que le monde erre dans la nébuleuse du mythe du couple comme étant la panacée, le mode de vie idéal sans lequel tu n’es pas entier.

Rappelle-toi bien une chose : tu es ENTIERE, même sans Lui.

Tu peux très bien être ta propre lumière, crois-moi.

Ne te laisse pas enfumer par le conte de fées qui nous hante depuis la Petite Sirène : tu n’as pas besoin de quelqu’un pour pouvoir chanter.