(Et s’en foutre un peu de tout quand on est une cérébrale qui veut tout contrôler?)

Je réponds ici à une question lectrice sur instagram… Alors j’avais déjà dit que j’avais l’impression d’avoir traité le sujet un milliard de fois depuis que j’ai sorti la SSLP (La Salutaire Solution du Lâcher-Prise) à laquelle je consacre carrément un onglet entier sur ce blog mais il m’a été répondu qu’un article sur le sujet était toujours le bienvenu et qu’il vous faisait toujours du bien…

Alors lâchons-prise…

Il y a deux façons de lâcher-prise. La première, ponctuelle, est celle que j’expérimente ici en vacances. C’est le lâcher-prise ponctuel, saisonnier, qui permet de recharger les batteries et sans qui rien n’est possible sur le long terme.

La seconde, constante, consiste à apprendre à ne pas prêter attention à ce qui ne compte pas réellement. Ne pas s’empoisonner la vie, en somme.

Les deux lâcher-prise sont ardus de façons différentes. Et pourtant terriblement nécessaire pour qui veut survivre dans ce monde de brutes.

Détrompez-vous : je ne suis pas experte

Je sors d’une très longue année de renouveau professionnel total. Ce fut dur, éprouvant et, comme je ne supporte pas l’échec, particulièrement dans ce domaine, je suis tendue comme un string entre les fesses d’une baleine blanche, pour vous situer.

Sans cette période-ci de vrai lâcher-prise, je pense que j’aurais fini par imploser et partir gentiment en burn-out.

Je suis le genre de nana qui se réveille au milieu de la nuit en se demandant si elle a bien terminé tel dossier.

Par contre, vous vous doutez bien que pour cumuler vie de mère, vie professionnelle à (grosses, maintenant, je trouve) responsabilités, blog, maison, amis, je n’ai pas d’autres choix que de lâcher-prise.

Alors allons-y pour mes conseils…

Le lâcher-prise saisonnier

Sachez qu’ici, et depuis mon mini-trip à Amsterdam, je constate les bienfaits immenses de ce lâcher-prise. Il est vital. Ce n’est pas du simple voyage, c’est un recentrage nécessaire. Pour un lâcher-prise intense, rien ne vaut l’éloignement.

Partir, même une nuit, en dehors de chez soi, c’est forcément lâcher-prise sur des détails. C’est ne pas penser aux vitres qu’il faudrait nettoyer. C’est ne pas voir la pile de linge. C’est ne pas voir l’agenda, le jardin qui mériterait ceci, les dossiers qui traînent par là…

Partir pour décrocher.

“Je n’ai pas les moyens”. C’est marrant, je me dis souvent la même chose puis je me rappelle qu’à 20 ans, j’arrivais à partir des semaines avec 400€… Alors un weekend, vraiment? Nous savons tous qu’il existe des villes à deux pas de chez nous, des sites de voyages pas chers, des B&B sympas. Sauf que nous ne prenons pas la peine de nous pencher sur la question et “on fera ça plus tard” et on ne le fait jamais.

Donc sachez que j’ai pris la grande et ferme décision de respecter l’adage : Travaille, épargne, voyage et recommence.

Si quelqu’un sait ce qu’est cette plante, je cherche 😉

Pour lâcher-prise de cette façon, il faut clairement de l’éloignement parce qu’il s’agit de NE PLUS PENSER A LA VIE QUOTIDIENNE.

Plus de dossier, plus de maison, même plus d’enfant. Le vide. Le néant. Rien que les paysages, la découverte, les plaisirs quotidiens. Sans culpabilité.

Si vous avez du mal à faire ça, essayez de partir plusieurs jours. Le corps se relâche réellement après plusieurs jours de déconnection, ce qui explique une grande fatigue à partir du troisième ou quatrième jour. Le corps s’abandonne. Il est en veille et se ressource. Il sait qu’il a tout à coup le DROIT d’être fatigué et il en PROFITE.

Le lâcher-prise quotidien…

Ah lui il est difficile à trouver.

J’y arrive en général quelques mois. Puis le stress me rejoint. Je pense à ce garage, toujours pas rangé (j’ai toujours bien une personne pour me le rappeler), ces dossiers qui s’accumulent, ces mails qui arrivent de partout, envahissant totalement l’espace, ces coups de fil, les embouteillages, les courses, la vie quoi…

Je cherche toujours, comme vous, les solutions idéales.

Celle qui me parle le plus, c’est vraiment l’organisation.

Alors autant à la maison j’ai du mal avec le temps, parce que je me laisse dépasser. Autant d’un point de vue professionnel je gère pas mal.

Je fonctionne réellement avec ces agendas papier, ces listes à cocher, ces codes personnels que j’applique religieusement. Pour quitter le travail l’âme en paix, je checke ce que j’ai fait la journée et je prépare ma liste du lendemain. Le matin, je checke ma liste et hop, au boulot.

Je me rends bien compte que c’est cette routine qui me libère l’esprit au quotidien. Ce qui est un peu dommage c’est que je n’arrive pas à l’appliquer dans le reste de ma vie.

Je l’ai fait pas mal à l’époque du Bree Van de Kamp Challenge.  Je le regarde parfois négativement en me disant “rho la la c’était quoi cette quête de perfection???” mais je me rends bien compte également que c’est le désordre qui m’angoisse. Le surmenage qui vient souvent de ma désorganisation parce que je pars un peu dans tous les sens sans rien terminer.

Alors j’en suis revenue à l’idée qu’il me fallait trouver quelque chose de SIMPLE et de REALISABLE quand on sait que je rentre à 19h et que j’ai un blog qui me prend quasi tous mes weekends.

Je suis ici en train de bouquiner des idées de ci de là sur des méthodes d’organisation qui me permettraient de m’en faire une bien à moi qui me ressemble. Certainement pas un de ces trucs où la nana te conseille d’avoir nettoyé toute ta salle de bain le matin avant de partir (celles qui me suivent sur mon instagram savent de quoi je parle…)

Le lâcher-prise passerait par l’organisation… je l’avais pas vue venir celle-là!

Et ne me parlez pas de la méthode de machine je ne sais plus qui. Toutes ces “méthodes” ne rentrent pas dans mon mode de vie où  vous êtes des centaines à m’écrire, où il y a des produits à tester, des articles à écrire, le tout en plus d’un temps-plein et d’une vie traditionnelle.

A côté de ça, forcément que je lâche-prise pour un tas de choses. Bien entendu que mon tiroir à bordel va rester un tiroir à bordel. Parce que le jour où j’aurai un congé, vous savez quoi? Je l’emploierai à me DETENDRE en voyage (cfr point précédent).

J’ai besoin (et vous aussi) de trouver mon “minimum vital”. Qu’est-ce qui suffit REELLEMENT à ce que je me sente BIEN? Ma réponse est simple en ce qui me concerne : une vue dégagée. Je n’ai pas BESOIN que ma maison soit rangée aux petits oignons, j’ai BESOIN que, quand je regarde une pièce, ça me semble zen.

Ca signifie que j’ai des points à traiter et je compte bien le faire. J’ai trop de tapisserie moche qui encombre ma vue dans la salle de bain. Idem dans mon hall. Hop, ça je vais trouver un moment pour traiter le problème. J’ai TOUJOURS mes colis de la semaine qui traînent dans un coin du salon. Chaque fois que je les vois, je me dis “oh mince, je n’ai pas encore testé ça, je n’ai pas encore fait les photos de ci”. Je vais plutôt LISTER mes produits à traiter dans un joli carnet et les déplacer dans une zone adaptée où ils ne seront pas un rappel constant que non, à 20h30, je n’ai pas la possibilité de faire des photos correctes.

En gros, mon conseil est d’identifier ce qui vous nuit et de traiter chaque point de façon à pouvoir respirer.

Posez-vous ces questions :

  • Qu’est-ce qui ME dérange? (et vous conclurez des points à traiter. Ex: mes coussins de canapé qui tombent tout le temps parce que Lola et Zia les foutent par terre, ça me dérange MOI. Je dois trouver une solution.)
  • Qu’est-ce qui ME dérange à cause du regard des gens? (la conclusion de ce point est que ce n’est pas VOUS que ça dérange. Exemple :  si mon garage dérange ma maman, par exemple, c’est ELLE que ça gêne, pas moi. Je n’éprouve pas le BESOIN de trier mon garage, c’est SON besoin. Je n’ai pas le BESOIN de trouver une solution.)
  • Qu’est-ce qui encombre mon esprit inutilement et comment solutionner le problème? (ex. : ma liste de produits à tester me heurte l’esprit tous les soirs quand je rentre : problème à traiter. Je vais acheter un joli carnet : problème devenu un petit plaisir!)
  • Qu’est-ce que j’ai réellement BESOIN de contrôler? (Qu’est-ce que je ne peux pas déléguer? Pourquoi… —> Copine, si ta réponse est “je le ferai mieux moi-même” ou “personne ne fait comme je veux”, traite ce problème-là plutôt que de t’acharner à tout faire. Continuer à le faire mieux soi-même avec une dépression, c’est complètement con. Tu le sais, je le sais.)
  • Quel est le moment libre de la semaine que je consacre à des conneries alors que je devrais me le consacrer?

Et puis parlez!

Parlez à votre entourage, il a des oreilles et un coeur.

Personne n’est seul et le lâcher-prise c’est une affaire d’équipe.

Vos enfants sont aptes à entendre que vous avez besoin d’un coup de main (si, si je vous jure), que vous êtes fatigué ou un peu triste. Votre mari peut entendre que plutôt que dépenser des sous dans des bêtises, vous préféreriez un cita-trip en amoureux ressourçant. Votre patron peut entendre que vous avez besoin d’un coup de main sur un truc. Votre collègue est capable de savoir que vous avez envie de sa gaufre au chocolat (big up Gérald, qui m’est toujours d’un GRAND secours!). Bref, tout le monde est dans le même état que vous et ensemble, ça va toujours mieux!