Voilà, je ne suis plus prof. En tout cas au moins pour un an. La pause carrière, c’est maintenant.

Je reçois pas mal de messages me disant que c’est courageux, qu’on aimerait oser mais que, que c’est admirable. Je reçois aussi beaucoup de questions sur mes motivations.

Que voulez-vous que je vous dise? Vient un moment dans la vie où il faut faire des choix, pas forcément téméraires, mais de survie, tout simplement.

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Lorsqu’on n’aime plus la vie qu’on mène, qu’on se lève tous les matins avec l’angoisse au ventre à l’idée de répéter les mêmes gestes, de voir les mêmes personnes, de dire les mêmes choses, doit-on continuer sous prétexte d’un emploi sûr et stable? Je trouve que ça revient peu ou prou à accepter d’être mort à l’intérieur.

Tu n’as pas peur?

Alors oui, ça fait peur. Je ne vais pas vous mentir. Si j’ai la sécurité de la pause carrière, je n’en ai pas pour le moins 39 ans d’éducation de fonctionnaire sur les épaules. Donc oui, je me réveille parfois la peur au ventre au milieu de la nuit, à me dire “mon dieu mais tu es folle? Que fais-tu? Qu’as-tu fait? Et que feras-tu si?”. Mais le matin arrive et avec lui toujours la folle envie d’aller travailler, d’avoir de nouvelles idées, de développer notre concept et de le porter avec passion.

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Je vis seule avec Lola et Gab et forcément, je n’ai pas la sécurité d’un second salaire pour m’épauler. Donc oui, le choix a un prix.

Oui, je suis contrainte de travailler le double voire le triple de ce que je faisais avant. Oui, mon salaire fluctue au rythme de nos succès ou insuccès. Oui, je vais devoir faire plus attention que par le passé. Oui, oui, oui et re-oui.

Mais quoiqu’il arrive, j’aurai essayé.

Oui mais…

“Oui mais si tu te plantes?” Eh bien si je me plante, je retournerai faire le métier que je faisais, forte d’une autre expérience. Ou peut-être pas d’ailleurs : je trouverai peut-être une autre voie. Chaque jour, de fil en aiguille, je croise d’autres opportunités auxquelles jamais je n’aurais rêvé. Jamais je ne me serais donné le droit d’en rêver.

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“Oui mais et ta fille? Tu as pensé à ta fille?”. A votre avis? Elle est le centre de mon existence et je l’ai consultée avant de sauter le pas. Mais quel exemple lui montrer? M’enterrer dans une vie que je n’aime pas en me laissant dominer par la peur? Ou lui montrer que la vie dont on rêve demande des efforts, des sacrifices et du courage?

“Crise de la quarantaine?” C’est la phrase qui me fait le plus sourire. Si c’est là ma crise de la quarantaine, je la trouve super! Au lieu de me retrouver à tenter de trouver l’amour en mini-jupe en rejetant le grand âge qui arrive (je plaisante), je me lance dans un projet qui a pour but d’aider les autres femmes à se sentir mieux. Une crise, ça? Je parlerais plutôt d’éveil de la quarantaine alors…

Je suis convaincue que je trouverai des solutions à tous les problèmes qui se poseront, je trouverai des soutiens logistiques, des idées nouvelles aussi.

Comment tu fais?

C’est simple : je m’organise. Je classe des priorités. La première étant bien entendu Lola, tout le reste passe loin derrière. Je cherche du temps pour ma grand-mère, je case comme je peux les amis, certains comprennent, d’autres pas.

Non, il n’y a plus de grasses matinées, oui, je galère à m’occuper de la maison, du jardin, oui je suis fatiguée, j’ai parfois mal partout, je n’ai plus le temps d’aller chez le dentiste, le garagiste ou le médecin. Oui, je vais travailler avec la migraine, la grippe ou un pied foulé. Comme tous ceux qui font le même choix et qui portent un projet. Parce que c’est cela que ça implique.

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Combien de temps cela durera? Je ne sais pas. On parle souvent de trois ans difficiles. Alors va pour trois ans… Les plumes perdues seront remplacées par d’autres. Parce qu’il le faut bien.

Mais qu’il soit bien clair qu’il n’y a ici aucune plainte : cela me paraît MILLE FOIS moins dur que la vie que je menais auparavant.

Vivir con medio es como vivir a medias

Cette citation espagnole m’avait touchée à l’époque où, gamine, je regardais ce film de Baz Luhrmann, Ballroom Dancing.

Vivre avec la peur, c’est comme vivre à moitié.

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Quand je serai une vieille dame, je ne veux pas me retourner sur ma vie et me dire que la peur m’a arrêtée.

J’accepte cette peur et je l’intègre à ma vie. Elle a sa place : elle me prévient des dangers. Mais je ne lui laisse pas la place principale, elle ne la mérite pas.

Des personnes exemplaires

Et je rencontre autour de moi d’autres personnes qui ont fait des choix semblables. Nous partageons nos craintes, nos espoirs et nos projets et c’est galvanisant. Parce que si des gens jeunes, de moins jeunes, d’autres parents, d’autres personnes seules, d’autres personnes qui n’ont pas cette sécurité de la pause carrière osent, quel droit aurais-je de baisser les bras sans essayer?

Qui plus est, ils sont, finalement, les seuls à comprendre réellement ce qu’implique ce choix : la perte de certains amis qui ne comprennent pas qu’on se consacre à ce point à quelque chose, les reproches, les questions, les angoisses… et la joie aussi… Le prix à payer est élevé. Mais le jeu en vaut la chandelle.

Lors de certaines conférences, j’entends des entrepreneurs expliquer leurs échecs et, encore une fois, c’est la peur qui montre le nez. Sauf que ces gens sont tous sortis grandis de leur expérience. Alors pourquoi pas moi?

Et surtout, pourquoi pas vous?

Courage <3

Et puis pour tout conclure, je n’ai qu’un conseil à donner. Trouvez autour de vous des gens qui vous encouragent au lieu d’enfoncer le bouton de la peur. Après tout, si vous prenez une décision comme celle que je prends, c’est de cela dont vous aurez besoin.

Je vous souhaite plein de courage, d’amis, de famille autour de vous.

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Je vous souhaite d’y arriver et de transformer votre vie en aventure : vous n’en avez qu’une après tout.

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