Parmi mes bonnes résolutions 2016 (et je vous préviens, c’est l’année de mes 40 ans alors je redouble de motivation en mode “c’est maintenant ou jamais”), entre “continuer le sport mais encore plus”, “manger plus sain mais encore plus” on trouve pour la toute première fois : j’apprends à dialoguer.

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Je ne m’y suis pas mise le premier janvier évidemment. Cela fait quelques mois que j’y travaille déjà. Je vois quelques bénéfices plutôt sympas alors, comme je sais que vous appréciez les articles psycho-de-comptoir-je-vous-raconte-ma-vie, c’est parti, je vous explique.

Je suis du genre à éviter maladivement le conflit. Si j’ai quelque chose à dire, je ne peux le dire d’ordinaire QUE par écrit. J’ai bien essayé de fouiller pour savoir d’où me venait cette étrange habitude, mais je ne mets pas le doigt dessus donc je travaille sur le fait plutôt que sur son origine.

Et donc… je parle.

BLABLA

Pas avec tout le monde, ne poussons pas, mais avec une ou deux personnes qui me sont très proches, je fais l’effort surhumain de dire “il faut qu’on parle” quand j’ai un truc qui me turlupine.

Quand je dis “surhumain”, je ne plaisante pas. J’angoisse pendant des heures AVANT, je suis super mal pendant les dix premières minutes, j’ai envie de prendre des notes pour organiser ma pensée, je bégaie, je larmoie, bref, je suis HYPERémotive.

Ca me fait d’ailleurs penser à un truc vu chez une de mes contacts…

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Donc au moment de parler je ressens EXACTEMENT toutes ces émotions en même temps et c’est handicapant, croyez-moi.

Cependant je sais, pour être votre bonne oreille plein de fois dans les MP, que vous êtes nombreuses à avoir le même souci. Souvent je vous réponds “mais en as-tu parlé avec la personne concernée?” et souvent vous me dites que non.

Je vais vous dire donc comment j’essaie de procéder et ce que j’y gagne.

Ensuite, à vous de voir si vous vous lancez.

Comment parler quand on est un muet dans l’âme?

Premièrement, ce n’est pas une chose qu’on commence avec une collègue revêche. Non, on commence à parler avec un proche et surtout, on l’avertit qu’on a ce petit souci (lol) et qu’on y travaille. Ca lui permettra de comprendre pourquoi on se transforme en pile électrique dès qu’on entame une conversation autre que “tu veux de la confiture de fraises ou du nutella?”.

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Ensuite, un truc très simple pour se rassurer : prendre des notes. Je sais, ça paraît idiot, mais hiérarchiser un peu ce qu’on veut dire permet de savoir un peu où on va. Je ne dis pas qu’il faut les prendre avec soi pour parler, encore que si la personne en face de vous est avertie, pourquoi pas?

Puis il faut se lancer. Dans les bonnes conditions si possible. Puisqu’on n’est pas franchement des as de la communication, c’est quand même plus simple de choisir le moment, même s’il faut prévenir la personne concernée deux jours à l’avance. C’est angoissant, horriblement effrayant, mais c’est mieux que d’entamer un truc profond quand on sait que des gens doivent arriver par exemple.

On peut aussi demander à l’interlocuteur d’être patient, de nous laisser aller au bout de nos idées avant de répondre. Ça permet de ne pas perdre le fil dans un moment de panique.

Un dernier truc? Bah, faut se lancer. Ça ne peut pas être pire que le silence et le triturage de méninges en solo.

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Pourquoi parler, finalement?

C’est vraiment ma grande découverte de fin 2015 (avec l’Aperol, hum) : ça ne complique pas, ça simplifie.

Non, les gens ne comprennent pas forcément ce qui vous traverse l’esprit si vous ne le leur dites pas, apparemment. Incroyable, non?

Je tombe des nues à chaque fois quand la conversation s’achève et que le monde ne s’est pas arrêté de tourner, que la personne face à moi ne m’a finalement pas jeté des cailloux, que rien de tragique et d’insurmontable ne s’est produit.

Au contraire, même temporairement, j’ai des réponses à mes questions. Et ça, ça change tout. Ça m’enlève toutes les complications qui circulaient dans mon cerveau et l’encombraient suffisamment pour nuire à mon quotidien.

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Puis au-delà de tout, toutes mes interprétations sont souvent complètement fausses (alors que dans ma tête, elles me paraissaient évidentes).

Cerise sur le gâteau, même si on ne tombe pas forcément d’accord, je constate que les gens ne te jettent pas forcément de leur vie simplement parce que tu ne penses pas comme eux, voire qu’ils envisagent de réfléchir à ta façon de voir les choses ou que toi, tu peux essayer de penser de leur façon.

Pour nombre d’entre vous, attendre l’âge de presque 40 ans pour faire de tels constats est un peu triste sans doute. Mais je suis convaincue que vous aurez vos propres handicaps à régler et finalement, c’est quand même sympa de vous dire qu’il n’est jamais trop tard pour essayer d’évoluer.

Je vous souhaite de longues conversations avec ceux que vous aimez, de longs débats, de longues négociations et de longs partages. Après tout, c’est ça, une vraie relation, je crois.

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Love Peace Flex