Ca fait un moment que je me dis qu’il faudrait aussi que je rédige un article sur les inconvénients du blogging. Pas pour me plaindre hein, j’adore ce que je fais. Mais tout simplement pour avertir les diiiiiizaiiiiiines de personnes qui m’écrivent avant de se lancer, imaginant ce monde comme un machin tout rose et pailleté.

Donc faisons un petit tour dans ce qui est moins strass et paillettes dans cette étrange activité, ce “nouveau métier”…

Beaucoup d’appelés, peu d’élus

Depuis que je blogue, j’ai vu des centaines et des centaines de gens se lancer… pour abandonner quelques temps plus tard.

Pas assez de lecteurs assez vite, pas assez de followers sur les réseaux sociaux, pas assez de temps à consacrer, pas assez de likes…

Il faut se rendre à l’évidence : la majeure partie des blogueurs ne pourra jamais en vivre ou ne sera même réellement lu. A l’instar des écrivains, beaucoup de gens peuvent créer quelque chose, être un peu lu, mais jamais devenir des blockbusters qui rapportent des millions ou ont des tas de followers.

Non seulement, cette activité demande une certaine forme de “talent” mais surtout elle demande une chance de malade. Je vois des blogs absolument fabuleux, rédigés par des auteurs incroyablement doués, qui finissent en banqueroute totale faute de lecteurs. Il faut sortir le bon article au bon moment, être reconnu par l’une ou l’autre instance, parfois par pur coup de bol.

Je n’ai aucune idée de la raison pour laquelle certains de mes articles ont parfois cartonné. J’ai vu les lecteurs augmenter d’un coup alors que l’article concerné n’avait parfois aucune valeur à mes yeux. Je me suis, d’autres fois, consacrée à la rédaction de longs articles complexes que je trouvais meilleurs que d’autres. Pour finalement n’avoir que peu de lectures… Allez comprendre.

Certaines personnes moins talentueuses que d’autres ont “réussi” sur des coups de pot, ou pour avoir été là au bon moment. D’autres bourrées de talent et incroyablement créatives ne seront jamais repérées…

C’est très injuste, mais c’est ainsi…

De la constance

Je crois que c’est le plus dur. La constance. Continuer à écrire même quand la motivation n’est pas là, en se rappelant que de l’autre côté de l’écran, il y a des lecteurs qui attendent quelque chose.

Au départ, on écrit pour quelques personnes. C’est dur de continuer à se motiver quand on voit qu’il n’y a que les bonnes potes qui sont là. Et pourtant, je pense que c’est une partie de la “méthode”. Continuer quand même.

Je me rappelle l’époque où je faisais des bons de joie quand mon blog était visité par 200 personnes sur la journée alors que j’écrivais trois articles par jour… D’autres fois, ce n’étaient que 50 visiteurs… pour des heures de travail gratuit… Frustration au rendez-vous, envie de tout lâcher, démotivation.

Aujourd’hui, même lorsque je n’écris pas pendant toute une semaine, le blog est lu quotidiennement par deux ou trois milles personnes, parce qu’il y a beaucoup de contenu. Mais combien d’heures y ai-je consacré??? Sans doute des milliers et des milliers…

C’est clair, la constance est un ingrédient vital d’un blog qui “marche”.

Il faut longtemps parfois pour que la sauce prenne, pour qu’un réseau vous apporte de la visibilité ou que vos lecteurs prennent des habitudes avec vous…

Un max de compétences…

On croit que bloguer, c’est écrire. Que nenni (coucou je suis vieille).

Au début du blogging, c’était un peu ça. Sauf que depuis il a fallu :

  • piger wordpress
  • et le référencement naturel
  • piger comment utiliser Facebook, twitter, pinterest, linkedin
  • ajouter instagram (à mon grand désespoir)
  • du coup être fort en photos
  • et en retouche photo
  • si possible apprendre des bases de video
  • et des bases de graphisme
  • et les bases de la sponsorisation
  • les rapports avec les marques

Un bon blogueur réunit des compétences tellement variées qu’il passe un temps de malade à se former. Je crois que si je mettais bout à bout les tutos que j’ai dû visionner dans ma vie pour gérer mon blog, on parlerait en terme d’années.

Les relations marques-public

Bon vous me direz que ça, c’est un peu une question d’intégrité. Mais quoiqu’il en soit, quand on ne commence pas le blogging pour gagner de l’argent et qu’on finit par y consacrer la moitié de sa vie, la relation à l’argent vis à vis du public est difficile.

On a beau ne choisir que des produits que l’on aime “pour de vrai”, être payé pour ça est “un peu trop beau pour être honnête”.

Je suis toujours “gênée” d’accepter et à la fois, je suis convaincue que je serais le dindon de la farce si je ne le faisais jamais.

Gérer cette sensation fait partie, selon moi, des grands défauts du métier.

(ceci dit, ça me concerne vraiment de façon personnelle. Je crois que quand on fait un blog purement mode ou purement beauté, ça passe plus facilement qu’un blog mutisujet dont des sujets personnels)

A cela s’ajoute la compréhension du milieu. Comprendre ce qui se fait, ce qui ne se fait pas, ce qu’on peut vous demander ou pas, quelles sont vos limites, comment ne pas vous faire entuber par les marques qui, souvent, vous voient un peu comme des gentilles vaches à lait…

Bloguer, c’est être seul

C’est d’ailleurs pour ça que je n’en fais pas mon activité unique : l’idée de vivre ma vie dans mon bureau sans voir personne ne me tente pas des masses.

Oui on rencontre des tas de gens virtuellement, oui on rencontre des créateurs et des amis MAIS les journées, c’est du solo.

Accessoirement, en tout cas en Belgique, ce n’est pas vraiment un univers où on se fait des copines en nombre : la concurrence est tellement forte que la majorité des gens sont paranos, jaloux ou pas très intègres.

(Notez que j’y ai quand même des copines, pas de panique, mais ça ne ressemble en rien, par exemple, à la facilité de liens dans une entreprise traditionnelle… c’est un peu comme si on réunissait dans une pièce des tas de concurrents : seuls les plus honnêtes et ouverts d’esprit vont pouvoir se lier avec sincérité. Vous n’imaginez pas le nombre de fake friends qu’on vous montre, en particulier sur instagram et de gens qui se détestent trois semaines après avoir jurés qu’elles étaient BFF…)

L’incompréhension de l’entourage

Entre les gens qui imaginent que vous êtes riche parce que vous écrivez trois articles sponsorisés, ceux qui pensent que tout est gratuit parce que vous bloguez et ceux qui, au contraire, ne comprennent RIEN de ce que vous faites, vous passez beaucoup de temps à essayer d’expliquer le concept de blog aux gens.

Et de toute façon, ils se feront quand même une opinion à mille lieues de la réalité…

La différence entre rêve et réalité

Les plus jeunes qui m’écrivent vouloir débuter un blog le font malheureusement souvent parce qu’elles rêvent de vivre ce que leurs modèles leur montrent.

Non, tous les blogs n’entraînent pas des livraisons de cargaisons de sacs Yves Saint Laurent. Non, après trois articles, toutes les marques ne se précipitent pas pour vous envoyer toute leur collection. Non, vous ne devenez pas des stars toutes puissantes. Oui, c’est ce que certaines vous montrent.

Quand bien même vous deviendriez un blog trendy, ne vous y trompez pas : c’est un métier. C’est un travail.

On reçoit bien des tas de choses avec le temps, mais toujours dans notre domaine de prédilection et toujours avec l’attente d’une marque derrière. Passées les premières joies, au 53ème fond de teint, on ne saute plus au plafond. Ca se professionnalise et on reçoit les objets de façon moins youpi tralala. On les soumet à des tests, on les compare, on fait un TRAVAIL.

Ce n’est toujours pas la bonne raison pour bloguer. Vous seriez déçues, comme je le répète, si c’était cela votre objectif premier.

Du temps dévorant

Si tu veux que ton blog soit vu, lu et qu’il fonctionne, c’est un temps démesuré qu’il faut lui consacrer.

Imaginez un peu qu’actuellement, vous pouvez trouver sur mon blog plus de 1800 articles… ça vous situe. Et là je ne parle que du contenu.

Derrière, il y a les courriers, MP etc auxquels il faut répondre. Tous réseaux confondus, je pense que je reçois entre 1000 et 2000 messages par semaine. Parfois il ne s’agit que de réactions brèves. Mais souvent, ce sont de réelles réponses, de réelles questions voire des histoires personnelles échangées.

Si vous avez un minimum de conscience, j’imagine que vous voudrez y répondre. Eh ben c’est chaud patate. Et ça s’allie, chez les gens comme moi, d’une belle petite dose de remords quand vous n’avez pas répondu ou loupé un message.

Mais tu nous déprimes Chrys !

Oui et non. Si l’on y songe, chaque argument a son contraire :

J’ai rencontré des gens merveilleux, appris à m’obstiner, appris à apprendre (au point qu’on m’embauche dans un tout autre domaine), appris à gérer les relations avec les marques, bref j’ai grandi de bien des façons.

Je tenais seulement à vous mettre en garde : s’engager dans cette voie vous demandera bien des efforts, comme pour tout hobby, pour peu que vous souhaitiez le rendre un peu “professionnel”…

Moi j’ai toujours préféré voir la réalité que les paillettes…

Un blog vous apportera des tas de bonheurs. Un blog peut aussi être une entreprise. Mais il faut le faire avec passion et sans illusions déraisonnables.

L’aventure est merveilleuse mais truffée d’embuches, de déceptions parfois et de désillusions.

Et si vous êtes toute jeune, faites-vous accompagner dans ce parcours : il est parfois plus mordant qu’il n’y paraît.