Hier, j’ai partagé sur la page d’Imparfaites une video d’Ashley… Elle y dit qu’elle a appris à aimer à nouveau ce corps que la société lui disait de ne pas aimer. Qu’elle peut dire “J’aime ma cellulite et mes cuisses qui se touchent”.

Et j’ai reçu quelques messages me disant que “je devrais arrêter de montrer Ashley parce qu’elle est trop belle pour être représentative des femmes “normales”  et “qu’elle n’a pas à se plaindre”. 

D’accord.

Non, en fait, pas d’accord.

D’abord c’est qui cette gonze?

Déjà, pour celles qui ne connaissent pas Ashley, c’est un mannequin grande taille.

Elle dénonce régulièrement les retouches qui la font paraître comme ceci :

Et elle se plaît à montrer sa cellulite “normale” selon elle, pour une femme de son poids.

Au final, trop grosse ou trop mince?

Un coup, quand je poste Ashley, je me fais engueuler pour cause de “propagande pro-obésité”, un coup pour “elle n’a pas à se plaindre, elle est trop belle pour faire du body positivisme”. 

Déjà, j’ai un peu envie de vous dire : les gars, choisissez votre camp, Camarades, parce qu’elle ne peut pas être trop grosse ET trop maigre. Ah mais si, pardon, elle le peut. Ben oui, elle le peut DANS UN MONDE DE JUGEMENT.

Dans un monde où, quand tu es Ashley Graham, modèle grande taille, tu te retrouves avec des photos comme celle-ci :

Où tu es déjà, rappelons-le, classée selon ton poids (#GrandeTaille) et où on t’EMBAUCHE pour ton poids pour, au final, te retoucher tellement que tu es méconnaissable, posons-nous deux minutes dans le jeans de la petite Ashley et interrogeons-nous sur le bien-être ressenti en observant ces photos. Que vous diriez-vous, VOUS, si on vous retouchait de partout comme ça? Perso, je me dirais “ok, je suis mannequin grande taille mais trop grosse pour mon métier”.

Alors trop grosse ou trop mince, je m’en tamponne. On n’est pas là pour quantifier le mal-être des unes et des autres en fonction de leur chiffre sur la balance.

Pour moi, qu’il s’agisse d’Ashley ou de Miranda Kerr qui se crée une taille sur ses photos instagram, je ne vois pas QUI a le monopole du mal-être.

Trop belle alors?

Alors quel est le problème? Faut-il être une sorcière chauve et lépreuse pour pouvoir prendre la parole pour nous les femmes?

Parce qu’on peut danser sur nos têtes : on sera toujours la “trop belle” d’une autre. Je suis certaine que celles qui estiment qu’Ashley ne les représente pas parce qu’elle est “trop bien”, sont “trop bien” pour se plaindre pour certaines de leurs amies. Et quoi alors? Que fait-on? Du coup, on se tait toutes?

Ou alors on s’écoute toutes? POUR UNE FOIS.

Pour une fois

Je vous propose, le temps d’un essai, de vous dire pendant quelques temps que la plus belle des belles est soumise, comme vous, à la pression de médias incohérents et exigents, qui nous demandent d’être si parfaite que personne, JAMAIS, ne peut se sentir totalement bien.

Et si vous acceptez cette idée, plus jamais vous ne direz d’une femme qu’elle est trop jolie pour se plaindre. Parce que ce ne sont pas de nos fesses dont nous nous plaignons, ni du fait qu’elles soient plus ou moins grosses que celles des autres. Ce dont nous nous plaignons, c’est d’être brimées par des images qui ne devraient pas avoir une telle place dans nos vies.

C’est un mouvement pour toutes les femmes. La taille que vous faites ne devrait pas compter.

Et si des nanas “trop belles” comme Ashley montrent leurs fesses pour qu’on puisse aimer les nôtres, bah, je suis pour. A fond pour.

Et je pense qu’on ne leur dira jamais assez merci.