J’ai commandé ce roman après avoir lu des citations qui me parlaient. Je suis d’humeur un peu middle ces dernières semaines et relire une 53ème fois Harry Potter, mon remonte-moral littéraire annuel, me paraissait peu envisageable.

C’est donc cette citation qui m’a tapé dans l’oeil…

C’est bête hein la vie? Il suffisait de cette phrase qui me fait tant écho pour que je lise ce roman que j’avais pourtant classé bien mal à propos « encore un énième Marc Lévy ».

Dès que j’ai posté sa couverture sur mes réseaux, vous vous êtes emballées. J’estime que ma communauté a raisonnablement des goûts semblables aux miens, sinon pourquoi nous entendrions-nous?, et votre retour si incroyablement positif m’a fait tourner la première page.

Un roman chapitré à l’envers…

Je passe beaucoup de temps à critiquer ces méthodes « je ne fais rien comme tout le monde ». Et pourtant, ces chapitres parsemés des conseils d’un auteur à un autre auteur ont rythmé ma lecture avec bonheur.

Mais de quoi ça parle?

C’est l’histoire de Marcus, jeune auteur à succès, en panne d’inspiration. Il retourne auprès de son mentor et ami, Harry Québert, autre auteur renommé qui lui a tout appris lorsqu’on retrouve dans le jardin de ce dernier le cadavre de Nola, jeune fille de 15 ans disparue 33 ans plus tôt. Très vite, Harry confie à Marcus qu’il avait une aventure avec elle, mineure, donc, alors qu’il avait trente ans bien sonnés.

Marcus lâche tout pour enquêter sur cette mort afin, peut-être, de disculper son vieil ami…

Critiqué/adulé…

L’auteur est suisse et écrit un roman américain. Sans que cela se sente…

Toutes les critiques adressées à ce roman sont fondées. Ouip. Parfois grandiloquent, parfois romantico-bluette, parfois niais, très égocentré et tout et tout…

Et pourtant, c’est exactement le roman qu’il faut pour affronter l’hiver. Je sais, je sais, on l’a cité en livre de plage. Moi, c’est en hiver que j’ai besoin de suspense, de questionnements, de citations débordant de romance.

Même accusé de misogynie, un roman ne me repousse pas : si on devait ne jamais lire un roman misogyne, Madame Bovary serait bon pour la poubelle. Et pourtant, j’ai adoré lire cette imbécile romantique (dans le pire sens du terme) qui finit sur un suicide moche. (Pardon si je vous spoile, c’est un vieux classique).

Toutes les idées et tous les scénarios ont leur place dans un roman tant qu’il atteint son but : nous emporter loin de notre quotidien.

Joël Dicker gagne ce pari, sans qu’on voit venir de loin une chute prévisible…

Au moins le gars avait prévu son coup!

Le lire ou pas?

Le lire évidemment. Même si c’est pour le détester. Je mets quand même ma main au feu qu’il plaira à beaucoup d’autres vu le nombre d’amatrices. Plaire à tout le monde, c’est plaire à n’importe qui, certes, mais j’ai vécu 4 belles soirées avec Marcus et je n’ai pas songé, ou très peu, aux quelques nuages qui assombrissent parfois mon ciel.

C’est enfoncer une porte ouverte, sans doute, mais parfois, on a besoin de la douceur des évidences…

La vérité sur Harry Québert?

Je vous laisse la découvrir si ce n’est pas encore le cas. A-t-il tué Nola? Marcus est-il Formidable? Peu importe. C’est un joli livre écrit avec un talent prometteur par un auteur de 27 ans à l’époque. Rien que pour ça, il vaut le détour…