J’ai la fabuleuse chance de passer ma vie sur les réseaux sociaux et  forcément, d’être très au fait de ce qui s’y passe un peu partout.

Je sais ce que sont snapchat, instagram, comment fonctionnent Facebook ou pinterest, bref, j’ai une sorte de master en réseaux sociaux.

Et je ne vous cache pas que, ayant une enfant de 12 ans, je dis merci la vie puisque je sais à quoi m’attendre précisément.

Enfin ça, c’était avant que ma fille ait un smartphone pour son entrée en secondaire. Je ne débattrai pas sur le «faut-il leur laisser un téléphone », ça, c’est un peu chacun son combat et j’estime que tout parent est maître en sa demeure.

Par contre, là où je pense que je peux apporter ma pierre à l’édifice, c’est en diffusant ce que j’apprends au quotidien au contact d’un enfant réel qui, dieu soit loué, a une tendance à partager absolument tout ce qu’elle fait avec sa mère. Parfois ça me fait rire, souvent ça me fatigue et de temps en temps, ça m’interpelle vraiment.

Ici, nous parlerons donc des dernières tendances en matière de réseaux sociaux qui ont eu le don de m’empêcher de dormir totalement sur mes deux oreilles et dont, sans doute, peu de parents sont réellement conscients.

Prêts pour les réjouissances? C’est parti pour une plongée dans l’univers secret de notre progéniture…

C’est ma fille la première qui a été choquée d’une nouvelle mode sur son réseau favori, un réseau très peu utilisé par les adultes : musical.ly. Le principe est de poster des vidéos amusantes sur des airs connus en jouant sur la vitesse des images. Danser avec des gestes ultra rapides ou ultra lents, c’est bien innocent.

Sauf que, récemment, un hashtag est apparu : #eatsoapchallenge. Le challenge où il faut donc manger du savon. Et tout un tas de gosses, parfois de 7 ou 8 ans, y vont de leur vidéo où ils avalent du savon ou de la lessive liquide.

Et les vidéos reçoivent plein de likes et de supers commentaires d’encouragement… on sait à quel point on est avide d’approbation de ses pairs à un si jeune âge.

Apparemment, aucun parent derrière ces comptes pour s’interroger des activités de leurs enfants. Grandiose non?

Votre enfant joue à musicaly seul dans sa chambre? Posez-vous des questions…

Allez, second exemple des tendances bien flippantes dans le monde magique de nos enfants parfaits…

Instagram a lancé l’option « sondage ».

Les marques ont trouvé ça génial, ça leur permettait de demander à leurs clients s’ils préfèrent la saveur citron ou la saveur orange.

Les blogueuses ont trouvé ça génial, ça leur permettait de demander à leurs lectrices si elles préfèrent le rouge à lèvres rouge ou rose.

Les ados ont trouvé ça génial, ça leur permettait de demander à leurs amis s’ils préfèrent Carole ou Lisa. Eeeeeet oui, l’adolescence est cruelle et on peut blesser à jamais l’ego d’enfants en leur filant un score minable diffusé sur tous les réseaux à toutes leurs connaissances… Carole peut se retrouver avec 99% et Lisa 1. Tout le monde le saura. Elle est pas belle la vie?

Toujours en parlant d’instagram, une tendance récente : il s’agit d’annoncer dans sa story une mauvaise nouvelle au choix. Les mauvaises nouvelles? Libre à l’enfant de choisir « je veux mourir », « je suis à l’hôpital », « je vais mourir » et autres réjouissances. L’intérêt? Savoir qui se soucie de vous… Et si quelqu’un répond, il reçoit l’ordre de participer à son tour.  Hilarant…

Allez, un autre exemple pour la route : les applications anonymes…

Elles sont nombreuses : tellonyme, sara hah…

Le but est d’envoyer des messages de façon anonyme à ses contacts. A votre avis qu’est-ce qui s’échange là dessus?

Des mots doux? Naaaaaan…

On insulte les mères, on insulte le physique, on insulte le style vestimentaire, bref, tout y passe sans devoir donner de nom. C’est une carte blanche totale pour se venger, torturer mentalement, quotidiennement un gosse.

Alors que faire?

Déjà réaliser que non, à 12 ou 13 ans, on ne supporte pas ce type d’agissements en relativisant. Se rappeler que le monde s’écroulait à la moindre moquerie et comprendre que, de nos jours, la cruauté adolescente a pris une ampleur sans limites puisque diffusable à volonté.

L’unique solution est la surveillance. Alors je sais, on n’a pas une folle envie de jouer la police à la maison. Or, c’est maintenant une question de survie dirait-on.

Les réseaux ont pris une place centrale mais doivent être l’objet d’une réelle éducation, d’un accompagnement. Aujourd’hui, un parent ne peut plus les ignorer et considérer que « ce n’est pas son truc ». Parce que c’est tellement le truc de nos enfants que nous ne pouvons pas les laisser seuls face à cette vie virtuelle.

Je suis bien consciente que ma petite chronique avait un air un peu alarmiste. Mais… mais oui, je pense qu’on peut quand même s’alarmer un peu. Vous ne trouvez pas?