Depuis les années que je blogue (bien avant 2G1M en fait), je vois une évolution importante dans le domaine : le blogging est devenu commercial. (oh hé sans dec, t’enfonces une porte ouverte Chrys là) (deux secondes, je développe)

Comme toutes les belles inventions et évolutions du monde, celle-ci a été reprise par une valeur un peu triste : le profit. (tu m’étonnes, Trump est président)

Pourquoi on bloguait, avant…

Avant que les marques ne voient l’intérêt des blogs, on écrivait pour le plaisir d’écrire, de donner des avis, de tester des nouveautés pour en parler ensuite entre copines, comme on en parle autour d’un thé dans le salon.

Des passionnées de makeup parlaient de leur passion, des mères écrivaient sur la parentalité, des lectrices acharnées parlaient de leurs lectures et des filles comme moi , qui aimaient un peu tout ça, écrivaient pour la joie du partage, tout simplement.

Et puis?

Et puis les marques ont pigé le truc. Forcément, on écoute plus la copine qui aime un rouge à lèvres que la pub parfaite qui en vante les qualités.

Les blogueuses ont commencé à recevoir des produits. Certaines sont devenues des mega blogueuses et non seulement on leur envoyait des produits, mais en plus on les PAYAIT pour un post. Puis on a commencé à les payer pour une pauvre photo sur instagram.

Et c’est là que tout a tourné au vinaigre.

Des jeunes filles ont vu l’opportunité et se sont engouffrées dans la faille. Pas par passion. Ni même par talent. Juste pour « avoir ». De jeunes blogueuses ont lancé des blogs avec en grand le lien de CONTACT pour obtenir des produits, de l’argent, des invitations.

Les instagrams se sont lissés, les posts sont devenus dithyrambiques avec des photos impeccables et parfaites, des photographes ont trouvé là une solution idéale pour montrer leurs talents et finalement, le blogging est devenu le contraire de ce qu’il devait être, exactement ce qui faisait son intérêt d’ailleurs : le blogging est devenu de la pub.

Une grosse perte

C’est ainsi qu’on se retrouve avec un milliard de blogs tous semblables, plateformes reproduisant des communiqués de presse, sans jamais oser critiquer un produit pour ne pas perdre une opportunité.

Pour qui est-ce une perte? Pour tout le monde. A commencer par les marques, qui sont forcément moins crédibles puisqu’on balance H24 les mêmes propos que sur leurs pubs habituelles. Ensuite et surtout pour les lecteurs. Comment savoir si un produit est réellement sympa si toutes les blogueuses se pâment partout et tout le temps? Autant lire un magazine classique en ligne, du coup.

Le pire, c’est que ça marche

La nature humaine est faible hein? Moi aussi quand je tombe sur un bel instagram, j’ai tendance à suivre.

Piiiiiiiiire, à force de regarder Nabilla sur snap (au départ juste pour me moquer un peu j’avoue), j’ai FAILLI m’acheter un blanchiment dentaire. Quand on sait que mes dents sont très abîmées et que je vais porter un appareil dentaire en septembre, on peut quand même s’esclaffer devant ma bêtise. C’est comme quand on finit par chanter le tube de l’été même si c’est de la merde en boîte en fait…

(je crois que j’ai utilisé ce gif 30 fois depuis que j’écris ^^)

Sauf que concrètement, je crois du fin fond de ma crédulité naïve que le monde se réveille doucement. Je crois que le monde commence doucement à ne plus vouloir avaler tout ce qu’on lui fourre dans la bouche comme une oie gavée.

Sinon vous ne seriez pas si nombreux à rejoindre le clan des (Im)parfait(e)s jour après jour alors que je suis LOIN de représenter le monde flouté tout beau tout propre que la blogosphère 2.0 nous vend. Et surtout, une Céleste Barber n’aurait pas un tel succès de dingue.

J’espère que les gens en arrivent à en avoir marre de toute cette beauté en plastoc.

Il reste encore quelques vraies

Dieu merci, et on les reconnaît vite.

Quand Audrey Marshmaloo se montre sans makeup dans ses instastories, quand elle dit qu’un produit qu’elle a reçu est décevant, quand elle est nature partout, elle est forcément crédible.

Quand Coline, de Et pourquoi pas Coline?, détaille en long et en large ses réflexions sur des produits, elle est forcément crédible (bon, moi, je suis peu objective : je suis super fan depuis des années). (Je serais SUPER UBER déçue si on m’annonçait que c’est une vendue :'( )

Je pourrais vous en citer des tas en réalité et ça, ça me rassure.

Pour ma part, les seules fois où je préfère ne rien dire, c’est lorsque, par exemple, je teste un restaurant et que je déteste. Un article pourrait alors nuire à un restaurateur alors qu’il s’agit peut-être d’un mauvais soir. Je ne souhaite pas démolir la réputation d’une petite entreprise souvent familiale. Mais quand un produit Make Up For Ever me file des boutons, je ne vois pas pourquoi je ne le dirais pas.

Mais alors comment on sait?

On sait qu’une blogueuse fait de la pure pub quand

  • elle fait 15 blanchiments dentaires par mois sur ses snaps en vous vantant allègrement les mérites de la marque et en vous balançant des codes à tout bout de champ. (Je reste convaincue que plein de fois, leur machin est vide, aucune dentition normalement constituée ne peut survivre à un tel traitement)
  • elle remplace la moitié de ses repas par des shakes chelous qu’elle boit dans des positions de sexy lady pas naturelles du tout
  • elle ne parle jamais des éléments négatifs d’un produit. Ou alors elle a un bol de malade : elle ne tombe JAMAIS sur un produit qui ne lui plaît pas… (d’ailleurs rappelez-moi de vous parler d’une crème Diadermine que j’ai reçue et qui m’a laissée si froide que je l’ai tapée à la poubelle)
  • son blog n’est qu’un looooooong défilé d’articles de trois lignes avec 53 photos de produits dont elle ne dit que du bien
  • pire, elle dit du bien d’un truc dont on sait TOUS que c’est de la merde (je pourrais vous en citer qui postent des photos d’une boutique dont elles disaient le plus grand mal, mais ça c’était avant qu’elles ne soient payées pour l’aimer)
  • vous voyez bien que derrière, elle n’a rien à dire. Elle vous parlerait d’un cornichon avec la même passion. Elle n’aime pas écrire, et c’est flagrant. Mais si on pouvait lui envoyer encore deux ou trois mascaras, bah, elle ne serait pas contre.
  • elle se lasse elle-même… elle a créé un blog pour recevoir, pas pour donner. Et quand elle ne reçoit rien, bah, forcément, elle baisse les bras. Parce que les nouvelles blogueuses s’attendent à recevoir des cadeaux après trois articles et douze photos. Les nanas qui écrivent pour le bonheur que ça leur procure, elles n’arrêtent pas après deux mois.

Forcément, c’est tentant…

Je ne jette pas la pierre sur ces blogueuses (enfin si, sur certaines, je jette la pierre, la montagne, la corde pour se pendre et l’interdiction de wifi à vie hein, faut pas déconner…). Je ne jette pas la pierre sur TOUTES ces blogueuses. C’est tentant évidemment. Et oui, je reçois plein de produits. Je le dis toujours d’ailleurs. Je comprends que ça tente mes proches par exemple et qu’elles trouvent ça « trop génial ». Je comprends encore mieux que ça grise vachement plus les plus jeunes. Je ne sais pas du tout comment j’aurais réagi si j’avais reçu tout ça ou été invitée dans tous ces lieux plus jeune.

Trop de paillettes, ça brouille la vue…

Il y a des années qu’on me dit que je devrais « me limiter à un thème ou deux pour recevoir plus de cadeaux »… Sauf que pardon, mais ce n’est pas ça la vie. Je n’ai pas UNE passion, moi. J’aime des tas de choses et j’en déteste plein. Hors de question de me limiter pour recevoir plus. Mais je conçois qu’à 20 ans, ça fasse rêver et ça motive assez pour se lancer dans le blogging sans avoir finalement rien à dire.

Mes big up plein de love!

Du coup j’en profite pour vous présenter quelques blogueuses que j’aime pour leur honnêteté, leur persévérance et leur amour de l’écriture et/ou de la photo… (suffit de cliquer sur le nom pour tomber sur le blog concerné au fait)

Belle toi-même

Un blog tenu par ma copine Carole que j’ai harcelée jusqu’à ce qu’elle se lance… Le meilleur endroit pour des conseils capillaires pour les cheveux blacks, des coups de gueule francos, du rire et tout sauf du trop sérieux chiant.

Things she Says

Oui, c’était ma stagiaire. Mais rien à voir. Lucie a un chouette talent pour la photo et ne se prend pas pour une blogueuse qui se la pète. Elle écrit parce qu’elle aime ça, elle soigne son travail et n’écrit pas 43 mails aux marques pour recevoir des cadeaux.

Matoushi’s

Je peux vous dire que Fériel ne fait aucun compromis. Elle est la première à pousser des coups de gueule de malade quand les marques font n’importe quoi. Elle aborde des sujets qu’elle maitrise, dont tout un pan de la culture japonaise (ses articles que je dévore) et niveau mode, bah, elle assure tellement qu’on ne la ramène pas trop.

L’empOtée

C’est à cause d’elle que j’ai repris le henné, ça vous situe? Niveau produits naturels, elle me convaincrait (presque) d’arrêter le coca light… J’adore…

Lulu Fashion Blog

Bon, c’est en anglais, mais c’est une Belge. Lucie est coach « de mode ». Mais ce que j’aime, c’est que ses photos ne soint pas des photos de mode justement. Ca pourrait être une photo prise au hasard, dans la rue, sans ce côté faussement parfait de la blogueuse qui traverse la rue pile au moment où le soleil est bon, la main parfaitement passée dans les cheveux, la jambe tendue juste comme il fallait. Non, chez Lucie, on peut s’imaginer dans les fringues « pour de vrai » comme je souhaite le faire ici. (un exemple d’un de ses looks ici)

Ce que j’aime dans les blogs?

J’aime que les blogs ne soient pas des copies de magazines. Parce que les magazines, on les avait déjà.

On n’a pas besoin qu’on nous vende encore des trucs. On a laaaaargement de la pub partout, pas la peine d’en remettre une couche.

C’est l’humanité et le partage que j’aime dans les blogs. Avant d’acheter un produit, je vais faire une recherche chez les blogueuses que j’aime bien, et je décide si oui ou non, j’achète. Parce que je sais qu’elles vont me dire la vérité.

Si je voulais autre chose, je me contenterais d’acheter le Flair.

Tout ça pour dire que…

Bah que ça me saoule qu’une fois de plus, un concept soit démoli par le profit. Je sais, je suis une grosse naïve qui aimerait vivre avec une famille d’ananas (pourquoi ananas? Parce que c’est un fruit qui a une bonne tête).

Vive le blogging d’antan, que c’était mieux dans son jeune temps, ma bonne dame.