Je viens pousser ma gueulante du mois. Profitez-en c’est gratuit.

Le monde étant tout petit, la blogosphère l’est encore plus et on en apprend des choses au royaume du persifflage.

Et moi, voyez-vous, fermer ma gueule, c’est pas trop ma came. Je n’ai pas peur qu’on ne me suive plus, pas peur qu’on ne m’invite plus aux soirées, pas peur qu’on me trouve trop ceci ou pas assez cela : JE NE VIS PAS DE CE BLOG ET J’AI UN EGO QUI VIT BIEN SANS CA MERCI.

Alors quand j’apprends le tollé secret (oui parce que dans un monde de paillettes, on ne te dit jamais les choses en face, non, on crache en douce en MP sur des réseaux sociaux…) qu’a fait la sélection de la squad L… (ne les mêlons pas à cela merci…) dont je fais partie, quand 8 personnes différentes viennent me répéter des propos rageurs de quelqu’un qui ne fait pas partie de cette sélection, j’ai pas trop trop envie de la boucler.

Donc ok, parlons peu, parlons bien, parlons clair.

Redéfinissons le terme « blogueuse », si tu veux bien…

Une blogueuse, à l’origine, ou une youtubeuse ou une instagrameuse, c’était une personne qui aimait partager du contenu qu’elle créait. La blogueuse écrivait, la youtubeuse faisait des vidéos, l’instagrameuse des photos.

Fine.

On partageait des trucs qu’on aimait et qu’on achetait.

Super.

Les gens ont commencé à nous suivre parce que, à la différence des magazines, on donnait un avis VRAI, SINCERE, ARGUMENTE.

Dérive logique…

Puis les marques ont réalisé l’opportunité de ce qu’on faisait GRATOS et ont commencé à nous envoyer des trucs. Trop bien!

Puis les marques ont compris qu’on recevait trop de choses pour pouvoir parler de tout et ont commencé à proposer de nous payer.

Là, une chose logique s’est produite : certaines sont restées intègres, d’autres moins.

MAIS SURTOUT…

Des tas de nanas désoeuvrées ont pigé le truc. Subitement, elles aussi, elles avaient envie de créer du contenu! Et il y a encore 2 ou 3 ans, faire grandir une communauté était encore raisonnablement facile.

MAIS SURTOUT (bis)

Certaines ont pigé qu’on pouvait s’acheter des followers et, en 2 ans, sont montées à 100, 200 ou 300.000 followers sur instagram.

Pas des vrais followers hein. Non, non. Mais, ayant un compte raisonnablement fourni, achetant en plus des LIKES, elles ont quand même quelques milliers de fans, généralement ados, fidèles.

Et puis après, ça se la pète…

Après, ces personnes qui ont ACHETE des followers se prennent tout à coup pour des superstars du web et, sommet des sommets, s’engueulent entre elles pour savoir qui est la meilleure, avant de devenir « trop copines » parce que « si tu partages mon compte je partagerai le tien et on sera toutes riches et heureuses. »

Jusqu’ici, perso, j’en avais très très très peu à foutre en soi. Je me disais qu’il fallait être sacrément malheureux dans la vie pour se créer un monde faux autour d’une popularité achetée. Mais alors entendre qu’en plus, ça se permet d’en vouloir aux marques qui ont la bonne idée de piger que ces gens ne sont que du VENT, ça, ça me gave.

Tu n’es pas une influenceuse : tu es un magazine…

Et putain, assume-le. Des milliers de nanas postent toutes les mêmes photos, fort belles au demeurant, dans le même genre d’atmosphère pour mettre en avant des marques dont elles n’ont RIEN A BATTRE EN VRAI contre un petit chèque. Ca s’appelle de la PRESSE. Vous êtes devenues des magazines ni plus ni moins. On paie pour votre affichage et ça s’arrête là.

Les gens ne s’identifient plus à vous. Vous êtes exactement ce que le blogging a fui : des étendards à marque. Pour moi, c’est ça une blogueuse en carton.

En soi, c’est un métier et c’est très bien. Mais oui, j’ose espérer que les marques qui cherchent des gens qui donnent un avis réel avec des communautés réellement impliquées savent faire la différence.

Je ne passe pas ma journée à regarder mes stats pour les vendre. Quand je regarde mes stats, c’est pour créer quelque chose qui intéresse les gens qui me lisent. Pas pour leur vendre une came qui ne m’intéresse pas.

Je ne veux pas vivre de mon blog

Calme-toi, pas de panique : je ne mangerai pas dans ta gamelle. Des propositions sponsorisées j’en reçois toutes les semaines et, figure-toi, que si le produit ne me branche pas, je n’en parle pas. Parce que je ne vis pas de ça et que je m’en tamponne le coquillard de porter les montres machin-chose que tout le monde porte si je ne les aime pas et que quand je montre un vernis, je le montre parce que je l’aime bien et pas parce qu’on m’a filé 500 balles pour le faire.

Oui, il m’arrive de faire des collaborations rémunérées et elles ne me servent qu’à payer mes dépenses pour le blog qui est mon HOBBY, pas mon METIER.

Et si on me propose 500 balles pour montrer un truc que je n’aime pas, tu sais quoi? Moi, je peux dire non parce que je ne vis pas de ça et que, ce que j’aime dans le blogging, c’est pas d’être une diva, c’est la fidélité des gens qui me lisent et les échanges avec eux. L’essentiel de ma vie ne consiste pas à prendre des poses dans des lieux oranges en éclatant d’un rire faussé et en jetant des confettis 60 fois. Quand je parle d’un produit, j’en étudie la compo, j’en étudie l’utilisation pour de vrai dans la vraie vie que tu ne vis pas et j’en parle à mes 50.000 potes et non FOLLOWERS.

Et tu sais quoi? Y a des gens dont c’est le métier et qui respectent quand même ces valeurs-là et figure-toi que leurs followers à elles le savent. Et les marques capteront un jour où l’autre que ce sont ces nanas-là qui font vendre des produits.

Donc arrête de paniquer parce que OH MON DIEU on a pris quelqu’un d’autre que les 8 blogueuses à 100K achetés que tout le monde voit partout.

Peut-être bien que de temps en temps, une marque s’interroge sur l’implication des gens, sur leur intégrité et sur le fait que les gens qui nous suivent sont de vraies personnes de plus de 14 ans…

Maintenant tu peux pleurer dans ta story que les gens sont trop méchants. Je m’en fous. Ciao.