Je vidais mon pc qui peine à stocker toutes mes photos quand je suis tombée sur deux photos de moi il y a deux ans et demi. A cette époque, avec Gab, on faisait attention à notre alimentation et on était sportives. On faisait des photos de notre évolution et, à chaque fois, c’était une épreuve pour moi.

A cette époque, je faisais du sport 4 fois 30 minutes/semaine et je mangeais format Weight Watchers (donc je comptais mes « points », je mangeais super sain etc…)

Je nageais aussi 45 minutes par jour durant mes vacances.

Et vous savez quoi? Je me trouvais grosse. Je n’en reviens pas de me revoir et de réaliser à quel point je délirais en me trouvant grosse…

Ni plus ni moins que maintenant où j’ai 10 kilos de plus pour vous situer. J’étais PERSUADEE que mon corps ne cadrait pas avec la société.

Je me trouvais exactement pareille qu’avec ou sans 10 kilos. Mon regard ne changeait pas. Qui plus est, malgré une alimentation hyper contrôlée, mon poids ne descendait pas, je faisais aux alentours de 60 kg pour 1m64. C’était une frustration constante et je me pesais dix fois par jour. C’était ma balance qui contrôlait ma vie.

Croiser cette photo et réaliser que je ne me voyais pas du tout telle que j’étais me fiche une immense claque. C’est quasi de la dysmorphophobie et c’est carrément effrayant. Mon conditionnement est effrayant.

Je regarde cette photo et j’hallucine complètement que ça ait été mon corps et que je ne l’ai même pas vu. Que cet été-là, j’ai passé 6 semaines (oui, j’étais encore prof) planquée dans mon paréo en pensant que tout le monde ne voyait que ma graisse.

Je me dis quand même qu’au fond, je pétais la forme, j’étais très bien et je me sentais moche.

(oui, en camping, on est très bordéliques)

J’étais au paradis de la flemmardise et du soleil et je me trouvais moche.

C’est là que je prends conscience de l’ampleur du problème qu’on vit quasi toutes, même si j’en suis vraiment très consciente depuis quelques années. Mais ici, waou, quelle idiote j’ai été…

Alors c’est vrai, aujourd’hui, je ne suis plus comme ça. Plus du tout même. Mais je ne me sens pas plus mal qu’à cette époque au fond. Alors j’en retiens surtout que finalement, j’aimais bien nager, j’aimais bien forcer un peu et, si je n’avais pas été si déçue de ne pas ressembler à ça :

 

Si je n’avais pas eu ce type de corps sous les yeux chaque jour, je n’aurais pas compensé mon « oh tant pis, je n’y arriverai jamais de toute façon » par « allons-y bouffons tant qu’à faire ».

La société mettra toujours des barrières infranchissables, des « oui mais tu n’es quand même pas comme ça », des « non mais finalement, la mode c’est comme ça »… Des gens continueront de faire le choix de courir après la perfection qui, pourtant, est TEMPORAIRE. Il ne tient finalement qu’à nous d’être heureux d’être qui nous sommes. De réaliser la chance qu’on a d’être en vie et d’avoir un corps qui fonctionne. Le reste, c’est un peu de la merde au final.

Des efforts pour rentrer dans des cases, merci bien. Je laisse ça aux autres.

Par contre, je réalise aussi que depuis que j’ai mal aux hanches (plus d’un an maintenant), je serais INCAPABLE de faire le sport que je faisais. Et je me dis que ça, c’est important. Donc je prends la décision ferme et définitive de m’occuper de ce problème en 2018 et de découvrir pourquoi ça traîne tant. Et une fois ce problème réglé, je retournerai faire un sport qui m’AMUSE. Pas pour défier mon corps, mais pour lui permettre de se dérouiller. Je me mettrai enfin au yoga ou me remettrai à la danse et ce sera une priorité au même titre que toutes ces conneries de passer la serpillère ou aller à la poste.

Je ne redeviendrai pas comme ça, ou en tout cas je ne courrai pas après ça, parce que c’était un mode de vie quelque peu spartiate quand même. Mais par contre, j’ai envie d’être à nouveau capable d’aller nager une heure si j’en ai l’envie.

Les copines, prenez le temps d’aimer votre corps sans le challenger et le comparer aux autres. Nous ne deviendrons jamais des fitgirls parce que, tout simplement, nous sommes des travailleuses, des mères, des amies ou des soeurs et que nous avons d’autres obligations que caser 4h de sport au quotidien. Et c’est pas grave. Aimons nos corps, peu importe qu’ils ressemblent ou non aux magazines, ce sera déjà ça de pris.