Je suis allée voir The Pentagon Papers cette semaine et ça a été une giga claque. Il fallait absolument que je vous en parle…

Pentagon Papers

Pentagon Papers, un film de Spielberg…

C’est souvent déjà une bonne raison d’aller voir un film non? Je ne vais pas m’étendre sur ce point parce que ce n’est même pas la raison qui me pousse à vous écrire…

J’ai lu les critiques ultra dures un peu partout. Sans doute suis-je allée à la séance en m’attendant à un flop. Et peut-être ai-je été plus clémente suite à cette attente. Mais quoiqu’il en soit, je pense qu’il est à mettre dans toutes les mains…

Pentagon Papers, un film que les femmes doivent voir

Voilà, je l’ai dit.

Le pitch…

Le Washington Post est au bord de la faillite. Sa seule solution est d’entrer en bourse. A sa tête, Katharine Graham, fille du patron du Washington Post, qui n’en reçoit les rennes que parce que son mari, à qui le journal avait été cédé en héritage, s’est suicidé. Face à eux, Le New York Times, toujours premier sur tous les coups, réussit à obtenir le scoop des Pentagon Papers, une fuite concernant la Guerre du Vietnam et les décisions présidentielles. Il est poursuivi en justice et la liberté de la Presse est mise en péril. 

De grosses ficelles attendues

Honnêtement, on n’apprend que peu de choses sur le sujet central. Spielberg use de grosses ficelles pour faire passer son message, les scènes sont ultra calculées et pourtant, j’ai été bouleversée de a à z.

Réaliser qu’à la fin des années 60, être une femme dans la presse revenait à n’être rien, un ovni importun, un moustique gênant qui, soudainement a le droit d’exprimer un avis et de prendre des décisions…

La vraie Katharine

C’est un film qui m’a rappelé, même avec ses grosses ficelles, même avec ses scènes grandiloquentes, que les droits des femmes sont vraiment récents. Oui, il y a à peine 50 ans, nous devions quitter la table quand il était l’heure pour les hommes de parler politique. Oui, les hommes prenaient les décisions sans consulter le sexe « faible ».

Il a fallu des femmes comme Katharine pour faire évoluer ce monde-là. Et rien que pour cela, le film doit être vu.

Mes raisons d’aimer…

C’est donc cette partie-là en particulier qui m’a touchée. Amie de la famille Kennedy, mondaine reconnue, n’ayant jamais eu à se soucier des Affaires, la voilà confrontée à l’obligation de lutter pour garder ce que son père a construit. La voilà contrainte à « devenir un homme ». Devenir une Femme, dirais-je, plus qu’un pot de fleur posé dans une pièce.

Katharine avec Jackie… Photo de Donald Preston/The Boston Globe via Getty Images)

Alors évidemment, on n’atteint pas la qualité Des hommes du Président dans le traitement des investigations journalistiques, mais l’ambiance de l’époque est merveilleusement rendue tant dans les décors que dans le traitement des images plus généralement.

C’est donc un film à voir pour comprendre, même si la chose nous est démontrée de façon un peu ostentatoire (mais certains ont besoin d’ostentation pour digérer une information aussi oubliée), la place des femmes il y a si peu de temps.

Un film à montrer aux jeunes filles qui n’ont pas conscience de la chance qu’elles ont. Un film à montrer aux hommes qui pensent que « oh ça va, c’est pas de la ségrégation quand même ». Si. C’était de la ségrégation. Ni plus ni moins. Et il ne s’agirait pas de l’oublier.