Cette semaine, quelqu’un m’a fait découvrir une vidéo dans laquelle Alain Soral théorise sur les femmes.

Je vous mets le lien histoire qu’on ne dise pas que je déforme ses propos…

Voilà voilà voilà.

Pour rappel, Alain Soral (ou Bonnet, de son vrai nom), c’est quand même un type bien connu et reconnu pour ses propos appelant à la haine raciale, diffamatoires et extrémistes. Mais soit, les théoriciens du complot diront encore que cette réputation est un coup monté.

Les femmes sont excitantes de 15 à 27-28 ans.

Bien. 15 ans était un âge normal pour se marier… au Moyen Âge. Et c’est un peu de cette époque que ce monsieur me semble venir.

Je continue à ne pas trouver normal ou acceptable qu’un homme adulte admette qu’une femme est excitante à 15 ans. Mais soit, passons encore.

Allons-y gaiement tant qu’à faire…

Je n’ai même pas l’intention de faire une liste de femmes encore belles passé cet âge. Ce serait entrer dans le débat de comparaison de beauté extérieure et ça ne m’intéresse aucunement.

Il a bien raison, Alain Soral

J’ai lu ça un peu partout, essentiellement écrit par des hommes, mais également par des femmes. Et vous savez quoi? Il n’a pas tort. Oui, dans notre charmante société, CERTAINS hommes veulent une femme de moins de 30 ans, peu importe leur âge à eux. Parce que la chair est plus ferme, parce que les seins sont plus hauts, parce qu’elles n’ont « pas encore été salies par d’autres ». (Effarant, en 2017, d’entendre encore de tels propos, comme si la vie sexuelle des femmes était sale quand celle des hommes est digne d’éloges)

La réalité selon Soral?

C’est le pourquoi de cet état de fait qui est navrant.

La société a construit cette réalité. La société et sa superficialité permanente où l’on a érigé l’extérieur en haut potentiel, enterrant les valeurs sous un amas de silicone. 

Inconcevable cynisme qui me blesse depuis que je suis gamine.

Parce que non, je ne vous tiens pas ces propos du haut de mes 40 ans dégoûtés. A 20 ans, quand mon petit ami de l’époque, âgé de 9 ans de plus que moi, m’avait dit que « ma peau était bien plus douce que celle de son ex compagne de 30 ans », j’avais déjà senti quelque chose d’encore non identifié qui me dérangeait au plus profond : l’abrupte réalité de la société qui ne jugeait les femmes qu’à leur grain de peau.

Les propos d’Alain Soral ne me blessent pas parce que je suis entrée dans la catégorie des Allemandes chiantes. Non, ils me blessent parce que je suis une femme et que son constat devrait laisser un goût amer à toute la société.

Une question d’évolution

La recherche éperdue de l’aspect extérieur, la course folle dans lesquelles les femmes sont entraînées de gré ou de force, c’est ça qui freine l’évolution. Autant de l’homme que de la femme.

Imaginons que ces données n’aient plus leur place et que les gens apprenaient à s’aimer sans porter le regard sur l’enveloppe, peut-être les choix de vie seraient-ils différents. Peut-être atteindrions-nous une autre forme de plénitude.

Je pense que des gens comme Alain Soral, ou comme ces hommes qui font ce choix superficiel pour des raisons qui leur sont propres (mais souvent guidées par la société qui les entoure), passent à côté d’une forme de bonheur.

Oh tiens, des couples des vrais, qui durent depuis des années…

Et d’ailleurs, nous passons tous à côté d’une forme de bonheur justement à cause de ces codes. Je vous en parle tous les jours. Le mensonge permanent du physique.

Soral n’est pas un monstre. C’est un homme en retard. Handicapé de la réflexion. Et pour tenir des propos si froids sur la moitié de la population, il faut être sacrément triste.

Ceci dit, de la part d’un homme qui envoyait à une femme noire qui se refusait à lui « les blancs prennent les blacks pour des putes, ce qu’elles sont le plus souvent » ou « ton destin c’est d’être une pute à juifs », je pense qu’on ne pouvait espérer mieux. (Il a été condamné…)

Mais il existe d’autres hommes…

Soral, c’est surtout un grand généralisateur. C’est facile évidemment. Prendre son propre cas et en faire une loi absolue.

Heureusement, au milieu de ces hommes qu’il décrit, il y a aussi des gens qui construisent autre chose ensemble. Des mariages, parfois des remariages (tout le monde a le droit de se tromper…) qui durent depuis 20, 30, 40 ou 50 ans…

Est-ce que ces hommes sont anormaux? Croyez-le ou non, je pense qu’ils ont simplement une part d’humanité qui a progressé ou pensé autrement. Qui ne s’est pas laissé gagner par le monde autour. Des unions égales ou réciproques.

Des gens capables d’effort, de compréhension, de compromis. Et j’ai comme qui dirait un doute sur l’aptitude de Soral à « vivre ensemble », « apprendre l’autre » et continuer à aimer.

C’est triste, une telle inaptitude… Plus j’y songe, et plus j’ai pitié…